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Article : Les nouvelles clefs du Bonheur



Lors de sa conférence du 2 octobre 2010, Christophe André, psychologue et psychiatre, spécialiste dans le traitement et la prévention des troubles émotionnels anxieux dépressifs, fait un état des lieux des connaissances sur le bonheur et explore des outils qui rendent ce bonheur accessible.



Le Bonheur est un sujet universel et intemporel. Les philosophes de l’antiquité s’y intéressaient déjà et s’interrogeaient sur les pratiques quotidiennes qui mènent au Bonheur. De nos jours, la science, avec « la psychologie positive » s’inscrit elle aussi dans ce mouvement.


Selon le dictionnaire le Robert : « le bonheur est un état de conscience pleinement satisfait».

Il se dégage ici deux concepts :

  • La notion de plénitude : Le bonheur est un état terminal, ce vers quoi tendent toutes nos actions.

  • La notion de conscience : le bonheur est le résultat de l’addition entre le bien-être (qui est une caractéristique animal) et la conscience. En prenant conscience pleinement de l’état émotionnel que nous vivons à ce moment-là, on accroît les instants de Bonheur.

Ainsi, en étant dans l’instant présent, loin des préoccupations et des ruminations et dans l’acceptation de l’intermittence du bonheur, nous nous rendons disponible aux propositions du bonheur quotidien. Le bonheur et l’espoir donne du sens à notre vie et nous pousse à évoluer.


La bonne humeur, le bien-être et la satisfaction sont des points d’accès au bonheur. Cela augmente les capacités intellectuelles, la concentration, la créativité, favorise les relations sociales, améliore la santé.

Bien que la vigilance permette de se focaliser sur des détails qui pourraient poser de vrais problèmes, la bonne humeur permet d’accéder à une vision plus globale de la situation et de trouver les ressources nécessaires pour la résoudre. En se focalisant et s’accrochant au problème et à la recherche d’une solution, le stress augmente.

Certaines difficultés ne peuvent pas se résoudre ou pas de suite. L’émotion négative lié à ce sentiment d’impuissance amène à de la culpabilité et de l’auto-punition de ne pas avoir été performant et efficace. Or, il est particulièrement nécessaire dans ce moment-là de s’apporter du bien-être pour récupérer des forces.

En effet, plus l’étau du stress se desserre plus le sentiment de bien-être permet d’avoir une vision plus globale de la situation et de regarder vers ses buts et ses valeurs.


➤ Des études scientifiques ont essayé de comprendre ce qui facilite le bonheur :


  • Le bonheur est-il lié à l’argent ?

L’argent permet de dégager l’humain des problèmes matériels liés à la survie, mais à partir d’un certain seuil, la richesse n’augmente pas le bonheur. Ainsi, bien que nos conditions matérielles se soient nettement améliorées depuis 1 siècle, le sentiment subjectif d’une vie heureuse ne s’est pas accru.

  • Le bonheur est-il lié au lien social ?

Nous sommes une espèce animale sociale. Les échanges sociaux tel que le sourire, l’accolade, les câlins, etc. provoquent dans notre cerveau des sécrétions de neurotransmetteurs (comme la dopamine, la sérotonine, l’ocytocine) qui nous permettent de nous sentir bien.

  • A quel âge sommes-nous le plus heureux ?

Il semble qu’entre 50 et 70 ans les êtres humains ont moins de pressions sociales, sont encore en bonne santé (à partir de 70 ans la santé décline) et réalisent mieux ce qui fait le bonheur.

  • L’estime de soi participe-t-elle au bonheur ?

Le fait d’avoir une image correcte de soi, c’est-à-dire se respecter, accepter ses points forts, se traiter correctement, participe au bonheur.

  • Le contact avec la nature rend-il plus heureux ?

La nature est un pourvoyeur de bonheur. Cela nous ramène aux temps préhistorique où un environnement naturel sain nous apportait les ressources nécessaires à notre survie. Chaque fois que nous sommes en contact avec la nature, notre bonheur augmente.


Quels sont les obstacles au Bonheur ?


- Nous avons des prédispositions qui nous rendent plus ou moins sensible au bonheur : la génétique, l’enfance, des événements douloureux passés. Ce sont des prédispositions propres à chacun.

- Le fait d’être habitué à ce que l’on possède et qui nous semble normal (comme l’eau chaude, la démocratie, …) n’est pas une source de joie. Cependant si celui-ci est retiré, alors cela devient une source de stress intense. Ce mécanisme d’habituation est un obstacle au bonheur.

- La société matérialiste en s’attachant uniquement à l’argent, au pouvoir, au prestige amène une confusion des valeurs et abaisse le niveau de bien être personnel.

L’accumulation de possessions, d’occupations, de propositions perturbe notre équilibre psychologique et crée une saturation. Notre cerveau, fatigué par l’accumulation de choix engendre une dépression cognitive qui diminue notre créativité et notre quotient intellectuel. En nous poussant à concentrer notre énergie mentale dans le choix constant, la société matérialiste est un obstacle au bonheur.

- La comparaison avec les autres est un vrai problème qui nous empêche d’être heureux. Le fait de nous comparer constamment aux autres crée une tension qui accentue la peur de l’infériorité et l’incapacité. La société basée sur l’image est socialement dangereuse car elle met en avant la réussite de certains avec la sensation que le succès est liée au mérite et donc qu’il y a des personnes supérieurs aux autres.

Cette comparaison sociale, avec le règne de l’image a aussi un impact sur l’apparence physique ce qui génère des complexes (dès l’entrée en école primaire). Les personnalités qui sont mises en valeur et exposées dans les médias et la publicité sont choisies en fonction de leur physique plastique et sont retouchées par des logiciels.

La poupée Barbie est ici un bon exemple, car il a été prouvé que les mensurations étaient mensongères et absolument pas réalisable pour une femme. Cela crée ainsi un obstacle au bonheur en produisant une image négative de soi car on ne peut pas être en compétition avec ce que l’on nous expose continuellement.

- Le manque de conscience entre ce qui est urgent (ce qui doit être résolu dans l’immédiat, sous peine d’avoir des conséquences directes) et ce qui est important (ce qui peut attendre, mais qui a des conséquences à long terme) produit du stress et diminue notre niveau de bonheur. Le problème est qu’actuellement nous nous remplissons d’urgence au détriment d’accorder une place aux choses importantes ce qui engendre des carences et de la souffrance visible qu’à long terme.


Comment peut-on augmenter le bonheur ?


La science a démontré que,

  • 50% de notre bonheur était indépendant de nous (génétique, condition de vie, passé) ;

  • 10% découlait du milieu de vie, du pays, de la famille ;

  • 40% de notre attitude et de notre comportement.

40% résulte de nous !


Ainsi nous pouvons augmenter notre niveau de bonheur

  • en prenant conscience des petits instants de joies quotidiens,

  • en acceptant l’intermittence du bonheur (le fait qu’il apparaisse et disparaisse),

  • en se focalisant sur ce qui fonctionne (même si cela nous parait normal),

  • en lui laissant de la place (c’est possible de ressentir en même temps de la tristesse et de la joie).


La relation à l’autre est primordiale au bonheur. L’humain est un être social qui ne peut fonctionner pleinement seul (référence à la préhistoire où l’homme seul est en danger, ensemble il est fort).

Nous avons besoin d’un rapport bienveillant, de respect, de gentillesse les uns envers les autres. La gratitude authentique est une clef importante du bonheur autant pour celui qui l’offre, que celui qui le reçoit.


En conclusion, le bonheur est une richesse qui implique des devoirs de discrétion, d’humilité et de partage. C’est un émetteur qui se propage: plus on fréquente des gens heureux, plus notre niveau de bonheur augmente.

La méditation de pleine présence est une clef qui permet de savourer, de poser notre attention sur l’instant présent et d’être disponible à ce qui se passe réellement en nous.

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