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un petit point sur la folie

La folie est une maladie mentale. C’est un dérèglement, une perturbation qui amène à des comportements absents de toute raison, pouvant avoir des attitudes absurdes, anormaux, violents avec des délires, hallucinations, pensées et propos incohérents.


Le terme de folie a évolué : avant 1848, la folie était associée à un dérèglement uniquement biologique. Puis, avec le siècle des lumières et l’avènement de la raison, la folie fut adjointe à une maladie de l’esprit, a une perte de raison. De nos jours, le terme de folie a été remplacé par le terme d’aliénation mentale qui est lié à une notion d’enfermement, de dépossession, de perte de la maitrise de soi. C’est comme si on devenait quelqu’un d’autre car on est déposséder d’une partie de soi.


La folie implique une perte de contact avec le réel, avec autrui, des incohérences, une impossibilité de contrôler ses actes, une profonde atteinte à la liberté morale. Les comportements deviennent absurdes, anormaux, violent et sont souvent associés à des pathologies lourdes comme des psychoses et des perversions.


La notion de folie se base sur la morale et les normes. Elle est dépendante d’une société, d’une culture et des règles qui gouvernent un état à un moment donné. Elle pose la question de ce qui est normal ou pas et de notre rapport à l’autre.

La question morale est ici primordiale : dans la folie, il semble qu’il soit perdu toute notion morale et toutes valeurs. La folie transforme notre vision du monde et notre rapport à l’autre.

Mais qu’en est-il de la morale ? La morale définit ce qui est bien et ce qui est mal. On voit dès lors que la notion de morale est relative. En effet, ce qui est considéré comme bien à un moment, à une époque, à une culture donnée peut être considéré comme mal à un autre moment. Ainsi, par exemple, le régime nazi considérait moral de dénoncer des juifs et d’interner de nombreuses personnes qui s’opposaient à ce régime. La notion de folie a permis d’écarter les contestataires, c’est-à-dire ceux qui ne pensaient pas comme la norme, l’ordre établit, en justifiant leur mise à l’écart par une manifestation symptomatique de dégénération mentale.

Pourtant, c’est par une pensée différente, que de grandes œuvres ont été réalisées. La folie des créateurs, qu’ils soient artistes, scientifiques, penseurs, etc. a été de sortir du cadre imposé, d’agir autrement de la moral sociétale pour transformer notre vision et changer le monde.


La folie est donc ambivalente dans le sens où elle se place à côté de la norme et interroge nos valeurs et notre sens de la moral. Le fou ou le mat dans le tarot de Marseille en est un exemple. Il précède et termine le jeu du tarot, il n’a pas de nombre attitré, il est hors cadre. Pourtant il a une carte bien à lui. Il est représenté par un vagabond qui est sur la route, le pantalon déchiré, un chien collé à son derrière. Est-ce un aventurier qui part à l’aventure avec insouciance, ou est-ce un va nu pied en errance ? On le voit sur le chemin, en mouvement avec pour unique bagage, un petit balluchon. On y retrouve la notion de liberté et de changement, mais est-elle vraiment réfléchi et raisonné ou est-ce impulsif et irrationnel ? Cette carte invite à se questionner sur nos intentions : agissons nous sous couvert de folie ou avec sagesse et raison ? Et, en même temps, n’est-il pas raisonnable d’agir de manière déraisonnable ? Les plus grands changements ne se font-ils pas de manière irrationnelle, spontané, impulsif, libres de toutes raisons et de tout cadre?


La folie nous permet de nous interroger sur notre rapport au monde, aux autres, à notre sens des responsabilités, à nos valeurs, à notre moralité, aux cadres et lois qui régissent la société. Elle est une étape vers la sagesse quand le monde s’emballe.


« C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous ! » Érasme Éloge de la folie


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